• Les tortues de mer en danger

     

    Les tortues marines sont les tortues de la superfamille des Chelonioidea. Elles sont présentes dans tous les océans du monde à l'exception de l'océan Arctique. La tortue luth est la plus grande, mesurant 2 m de long, de 1 m à 1,5 m de large et pesant 600 kg. La taille moyenne des autres espèces va de 50 cm à 1 m et est proportionnellement moins large. Ces espèces sont toutes vulnérables ou menacées. Elles font localement l'objet de protection ou de plan de restauration, mais la pollution, le braconnage et les prises accidentelles par engins de pêche restent des causes préoccupantes de recul de populations, déjà très relictuelles 

     

     

    Les tortues de mer en danger

     

     

    Les tortues marines, comme les autres tortues (Testudines) sont des reptiles ectothermes disposant d'un système respiratoire pulmonaire, qui correspondait à une adaptation complète à la vie terrestre. En supplément des reins, des glandes près de leurs yeux sont capables d'expulser les excédents de sel de leur circulation sanguine. Leur métabolisme est capable de supporter des fortes concentrations de CO2 lors des plongées profondes. Elles peuvent extraire 35 à 52 % de l'oxygène de leur respiration5. Leur vision est très développée. Les yeux sont protégés par trois paupières, leur ouïe est particulièrement fine même si elles n'ont pas d'oreilles externes, mais une oreille interne, sous une plaque auditive. Leur odorat est en revanche assez peu performant. Les tortues marines n'ont qu'un seul orifice excréteur, qui sert également pour la reproduction.

     

    Le sexe des tortues n'est pas apparent, aussi c'est d'après leurs caractères sexuels secondaires que l'on peut le déterminer. On définit par puberté la période où ceux-ci apparaissent. Le plus flagrant est la taille de la queue, beaucoup plus grande chez les mâles. La taille des griffes chez les chelonidés en est un autre. Cependant, ces caractères sexuels ne sont pas très marqués et certaines femelles peuvent les arborer. Seul un examen génétique permet d'être certain du sexe de l'animal.

     

     

    Les tortues de mer en danger

     

    Leurs carapaces aplaties leur confèrent de meilleures caractéristiques hydrodynamiques et jouent un rôle évident de protection, mais certains scientifiques pensent qu'elles leur permettent d'emmagasiner la chaleur. Cette adaptation, acquise après leur retour dans le milieu marin, leur permet de descendre très profondément, là où les températures de l'eau sont basses. En contrepartie, elles ont perdu leur capacité d'y rétracter leurs membres. Comme pour les autres tortues aquatiques, leurs carapaces sont plus légères car munies de fontanelles. Les Dermochelyidae, les plus volumineuses des tortues marines, ont d'ailleurs perdu leurs écailles et leurs carapaces sont recouvertes d'un cuir épais. Comme les autres tortues, elles ne muent pas et connaissent une exfoliation superficielle partielle des plaques cornées du squelette.

     

    Selon certaines théories, leur carapace, du moins pour la tortue luth, les aide à conserver une température corporelle suffisante lorsqu'elles s'aventurent dans les eaux plus froides ou qu'elles plongent. Mais cette hypothèse est discutée, du fait que les reptiles, animaux à sang froid, sont censés être poïkilothermes.

     

    Il est fréquent de trouver l'équivalent d'un « périphyton » et diverses formes de vies plus ou moins durablement fixées sur des carapaces de tortues marines. Les tortues peuvent alors transporter des organismes et/ou leurs propagules sur de grandes distances, sans qu'on sache si ces relations épizoïques sont symbiotiques ou non. Mais parmi les animaux fixés sur la tortue (l'épizoa), les bryozoaires qui pourtant se fixent facilement sur des roches, du bois ou les surfaces foliaires et résistent pour certains très bien au courant semblent très rares sur les tortues.

    Seules quelques espèces (moins d'une dizaine) en ont été trouvés sur des carapaces. Ces espèces étaient généralement typiques des habitats côtiers marins intertidaux et subtidaux. Curieusement alors que des formes de vie épipélagiques variées ont été trouvées sur des carapaces de nautiles ou sur des écailles de serpents de mer, les Bryozoa semblent incapables de coloniser ces reptiles. Carella carella semble posséder la carapace la plus colonisables par des bryozoaires, alors qu'ils semblent toujours absents chez Derrnochelys coriacea ou Eretrnochelys imbricata, ce qui pourrait être lié aux caractéristiques surfaciques de leur peau et de leurs écailles, comme aux comportement écologique des tortues.

     

    Elles peuvent nager rapidement et plusieurs espèces sont capables de vitesses pouvant atteindre 35 km/h ; à la différence des tortues d’eau douce, elles avancent par l’action simultanée des membres antérieurs.

    À la naissance, il n'y a chez les tortues marines aucun élément anatomique externe qui permette de distinguer un sexe de l'autre.

     

    On pense que certaines tortues marines peuvent dépasser les 150 ans. On a mesuré un record de plongée de 6 heures pour une tortue verte

     

    Les tortues de mer en danger

     

    Les pontes collectives des tortues marines sont appelées arribadas. Elles ont lieu sur les plages au début et à la fin des cycles lunaires quand la marée est au plus bas et le ressac le plus faible. Après plusieurs années de maturation, les tortues peuvent se reproduire. Les accouplements ont lieu en mer à proximité des sites de nidification ou lors des migrations (entre les sites d’alimentation et les sites de ponte) un ou deux mois avant le début de la ponte.

     

    Lors de l’accouplement, le mâle s'accroche par ses deux griffes antérieures (qui sont donc des caractères sexuels secondaires) à la carapace de la femelle. Les femelles peuvent conserver les spermatozoïdes des mâles durant plusieurs mois ou années dans un repli de leur oviducte. Les femelles ne pondent que sur leur lieu de naissance, à quelques mètres ou centaines de mètres près suivant les espèces. C’est en général à la faveur de la nuit (une exposition trop longue au soleil leur serait fatale), au crépuscule, souvent à la marée montante que les femelles sortent pour pondre sur leur plage de sable d'origine. La femelle peut stocker les spermatozoïdes pour féconder des pontes successives9. Le sexe des jeunes dépend de la température pendant l'incubation des œufs, mâles pour la fourchette basse de température, femelles pour la fourchette haute. À cause du réchauffement climatique, il a été constaté depuis quelques années, une diminution de la proportion de mâles.

     

    Elles creusent un trou dans le sable avec leurs pattes ou rames le plus souvent en arrières et y pondent de 70 à 200 œufs (selon les espèces) avant de les recouvrir et retourner à la mer. Certains des œufs ne sont pas fertilisés, les autres incubent pendant environ deux mois. Comme pour les autres tortues, le sexe de l'embryon dépend de la température du nid à une certaine période de l'incubation. Toutes les jeunes tortues éclosent en même temps et se dirigent vers la mer.

    Seule une très petite portion (environ 1 %) reviendra sur la plage qui les a vu naître car elles sont la proie de nombreux prédateurs

     

    Les tortues de mer en danger

     

    Les tortues marines possèdent des ennemis naturels tels le grand requin blanc, le Requin tigre et le Requin bouledogue comme en témoignent les cicatrices trouvées sur leurs carapaces, mais surtout l'homme. Cependant elles sont surtout vulnérables à cause de leur système de reproduction. Elle doivent s'approcher des côtes pour pondre, l'homme est là, son principal prédateur. Les œufs sont laissés sans surveillance. L'homme n'est pas le seul à prélever des œufs. On a pu montrer que des petits mammifères, des chiens et même des mangoustes (sur les plages Virginie) pillent les nids. Plus surprenant encore, les œufs sont aussi directement menacés par les insectes et, en Guyane française notamment pour la tortue luth, par la courtilière. Puis les nouveau-nés, très vulnérables, sortent en général la nuit, dès que la température baisse. À la moindre hausse de la température, ils stoppent toute activité.

     

    Lorsqu'ils émergent du sable, ils se dirigent vers des signaux lumineux, habituellement les vagues qui clignotent à la lueur de la lune ou des étoiles. Leur survie est donc fortement gênée par l'urbanisation et les lumières qui en résultent. Ces lumières changent les trajectoires des bébés tortues qui ne se dirigent plus forcément vers la mer.

     

    Ils doivent gagner la mer le plus vite possible, pour cela, il faut échapper aux mammifères comme les chiens ou, par exemple pour les tortues luth de Guyane, aux coatis), oiseaux, lézards, et aux crabes qui sont des omnivores très voraces. Enfin ils doivent atteindre des zones marines plus isolées ou protégées en échappant à une grosse prédation venue des gros poissons, céphalopodes (poulpes, calamars) ou oiseaux marins venus les attendre. On pense que les nouveau-nés s'orientent aussi en mer (de nuit) grâce au champ magnétique terrestre. Une fois au large et dans les courants, ils s’abritent dans les masses flottantes environnantes.

     

    Outre les prédateurs, les glissements de terrain et le tassement du sable peuvent endommager ou détruire le nid.

     

    Les tortues de mer en danger

     

    Menace sur les tortues marines

     

    Les populations de tortues de mer semblent avoir été autrefois très denses et importantes. Leur chasse à grande échelle pour leur viande, graisse ou carapace semble ancienne, et les populations côtières ont « toujours » récolté les œufs de tortues.

    Aux Antilles, parmi les premiers chroniqueurs, le Père Breton, le Père Du Tertre et le Père Labat estimaient qu'elles étaient sans doute déjà moins nombreuses que quand les premiers habitants de ces îles les ont découvertes vers 2000 ans av. J.-C.. Mais au XVIe et XVIIe siècles, ces reptiles étaient encore très communs. Le Père Du Tertre (1667-1671) pour la Guadeloupe écrivait : « (...) on ne saurait croire combien de lamantins, de tortues et tous les autres poissons se plaisent autour des îlets. Il semble que la grande mer s’en épuise pour les remplir ; car je suis très certain que pendant les dix premières années que l’isle a été habitée, on a tiré chaque année plus de trois à quatre mille tortues, un très grand nombre de lamantins, et que l’on en tire encore tous les jours quantité, et il s’en tirera jusqu’à la fin du monde sans les épuiser (..). ». Cette prédiction ne s'est par réalisée. En 1976, Kermarrec parlait pour la zone caraïbe d'un véritable génocide, qui a, au début des années 1990, engagé l'administration française à, théoriquement, strictement protéger les tortues marines des Antilles françaises. 15 ans après, un début de restauration des effectifs de certaines espèces de tortues marines semble en cours dans les caraïbes françaises.

     

    Mais dans le monde, toutes les tortues marines restent menacées, la tortue luth étant en danger critique d'extinction (liste rouge de l'UICN).

     

    La plus grande menace actuelle est la pêche accidentelle au palangrier ou au chaluts, notamment lors de la pêche au thon. Il est estimé que 40 000 tortues meurent chaque année de la pêche au palangrier. D'après des chercheurs du 24e congrès sur la conservation et la biologie des tortues marines au Costa Rica, la tortue luth n'a plus que dix ans avant extinction si rien n'est fait pour régler ces problèmes. Des changements simples et peu chers comme des hameçons plus gros ou des pièges dont les tortues peuvent s'échapper peuvent faire chuter de manière spectaculaire le taux de mortalité.

     

    D'autres dangers sont les déchets marins flottants tels que des filets de pêches abandonnés dans lesquels elles sont piégées et se noient ou les sac plastiques qu'elles prennent pour des méduses (un de leurs aliments) et leur provoquent des occlusions digestives et/ou un faux sentiment de satiété.

     

    Le développement touristique ou l'urbanisation de certaines plages de ponte est également une sérieuse menace pour les tortues de mer. Il y a donc eu un mouvement pour protéger ces zones de ponte, parfois même par la police. Dans certains endroits comme en Floride, après qu'une tortue a pondu ses œufs, ceux-ci sont ramassés et replacés dans des nurseries où ils sont protégés. Ce n'est pas la meilleure solution car les tortues reviennent pondre sur leur plage d'origine. La pollution lumineuse est une autre cause de mortalité, mais la réglementation de l'éclairage peut éviter que les bébés tortues ne confondent les lumières artificielles avec celle de la Lune ou du Soleil sur la mer et n'aillent dans la mauvaise direction après l'émergence.

     

    Le braconnage et le marché noir de la viande ou des œufs de tortue reste un problème dans le monde entier, spécialement en Inde, Indonésie et chez les nations côtières d'Amérique latine. Des estimations font état de 35 000 tortues tuées par an au Mexique et autant au Nicaragua.

     

    Chasse traditionnelle

    Sur les plages au moment de la ponte, les tortues sont renversées sur le dos, puis au petit matin emmenées. Mais beaucoup de tortues sont prises dans des filets fixes ou dérivants. En Haïti les pêcheurs utilisent des dispositifs appelés "fol" constitués d'une nappe de filet avec beaucoup de mou. Un autre dispositif de capture appelé "bobèche" est composé de morceaux de bois rappelant la forme d'une tortue et l'ensemble est recouverte d'alèses de filets dans lequel vient s'emmêler la tortue mâle qui croyait avoir affaire à une femelle.  Dans l'Océan Indien et dans l'Océan Pacifique, la queue d'Echeneis naucrates, un rémora, est attachée et la tortue est pêchée lorsque celui-ci se fixe sur sa carapace.

     

    La menace chimique

    Les polluants chimiques et plus particulièrement les métaux s'accumulent dans le foie, les reins et les muscles des tortues marines. Cette accumulation de polluants pourrait avoir un rôle dans la propagation de maladies comme la fibropapillomatose.

     

    La dégradation des habitats

    La dégradation des mers et de la barrière corallienne est une menace pour les populations de certaines espèces.

     

     

    Les tortues de mer en danger

     

    Les constats alarmants sur les populations de tortues marines ont poussé certaines instances internationales (UICN, WWF...) à les considérer en danger d’extinction. Depuis 1981, toutes les espèces sont inscrites à l’annexe I de la Convention de Washington. Malgré cela, les effectifs diminuent. Des campagnes d'éducation ont été lancées au Mexique et aux États-Unis impliquant des personnalités comme Jean-Paul II, Dorismar, Los Tigres del Norte et Mana.

    De septembre à mars, trois espèces de tortues marines, dont la tortue luth, la plus grande, viennent pondre sur la plage de Mexiquillo, ville du Mexique. Menacées par le braconnage et l'urbanisation, elles sont protégées par la Profepa, un organisme d'État, avec la collaboration des Indiens Nahuas. Pendant la saison de ponte, un contingent de la marine nationale arpente les 36 km de plages classées réserve naturelle depuis 1986.

    Des tortues marines blessées sont parfois secourues et soignées par des organisations comme le Marine Mammal Center en Californie, et au centre Kélonia sur l'île de la Réunion (outre-mer français de l'océan Indien). Pour empêcher les captures accidentelles par les chalutiers, les Américains ont mis en place un dispositif d’exclusion des tortues qui permet de les limiter.

     

     

    En France

    Les tortues imbriquées, vertes, luths, caouannes et olivâtres sont, aux Antilles françaises, concernées par un « plan de restauration », plan local et régional. Ce plan est subdivisé en :

     

    un Plan de Restauration des Tortues Marines de Guadeloupe,

    un Plan de Restauration des Tortues Marines de Martinique,

     

    Un projet de programme de coopération internationale à développer à échelle géographique plus large, voire planétaire afin de mieux prendre en compte les métapopulations et la diversité génétique des espèces.

     

    En Guyane, un des plus importants sites de ponte des tortues marines au niveau mondial, un a été mis en place en 2007. Ce plan a été validé en 2007 par le Conseil National de Protection de la Nature du Ministère de l’Environnement. Il a été coordonné depuis 2008 par le WWF (Fonds Mondial pour la Nature) et l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS), sous pilotage de la Direction de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement (DEAL) qui l'a soutenu financièrement.

     

    Ce plan a bénéficié également d'un soutien financier de l'Europe (dans la cadre du Feder-PO Amazonie, projet Caret2 porté par le WWF). Ce Plan de Restauration concernait trois espèces nidifiant régulièrement dans ce département d’Outre-mer à savoir : la tortue luth (Dermochelys coriacea), la tortue olivâtre (Lepidochelys olivacea) et la tortue verte (Chelonia mydas). Il avait pour objectif d'améliorer l'état de conservation des espèces ciblées. D'importantes avancées ont vu le jour, tel que le TTED (Trash and Turtle Excluder Device) qui équipe aujourd'hui tous les chalutiers crevettiers de Guyane grâce à l'implication des professionnels de la pêche, l'amélioration des connaissances des espèces, la réduction du braconnage (Alors qu'en 1999, l'ONCFS estimait que près de 80% des nids de tortues faisaient l’objet de pillages sur les plages isolées, la lutte contre ce braconnage semble commencer à porter des fruits ; sur les plages surveillées par l'ONCFS en 2011 et 2012, le taux de pillage des nids de tortues marines serait inférieur à 1%).

     

    En 2014, un nouveau Plan national d'action en faveur des tortues marines entre en vigueur pour une durée de 10 ans. Il fait suite à un important travail de concertation et de réflexion avec une trentaine de partenaires. Il fixe différents objectifs (réduction des menaces, amélioration des connaissances, coopération transfrontalière...) et des actions prioritaires : réduire la pêche illégale (1re menace pour les tortues marines en Guyane), évaluer les interactions de la pêche légale côtière, évaluer les impacts de la recherche pétrolière off-shore...

     

     

    Source https://fr.wikipedia.org/wiki/Tortue_marine

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