• Les droits de l'animal : Alibi esthétique

    Tiré du livre les droits de l'animal de Georges Chapouthier presse universitaire de France (2670)

     

    Les droits de l'animal : Alibi esthétique

     

    Souvent lié au précédent, cet alibi est utilisé pour divers jeux sauvages comme la course de taureaux ou la chasse à courre, mais aussi pour des utilisations vestimentaires, comme les fourrures. Selon cet alibi, les traditions doivent être respectées, non seulement parce que sont des traditions, mais parce qu’elles sont belles : la course de taureaux est un « beau spectacle », voire « un art» la chasse à courre déploie un « rituel splendide » Ici encore l’esthétique ne doit être respectée que si elle est respectable. Pour reprendre exemple le somptueux d’une exécution capitale en beauté d’un combat de gladiateurs, voire quelques actions héroïque accomplies en temps de guerre, ne paraissent pas devoir, par leur caractère esthétique, justifier des exécutions capitales, des combats de gladiateurs ou de la guerre.

    Certes, l’homme cherche à donner un caractère esthétique ou symbolique à toutes ses actions, qu’elles soient belles, ou qu’elles soient laides, mais, justement, dans ces conditions, le caractère esthétique n’est pas une justification de l’action. Les formules de politesse forcées ou les sonneries de cours de chasse à courre de doivent pas masquer le fait qu’il s’agit là de la poursuite d’un animal effrayé jusqu’à l’épuisement et à la mort. 

    Les belles couleurs et les fanfares de la course de taureaux et les morceaux de bravoures de sa mise en scène ne doivent pas masquer le fait qu’il s’agit là de torturer un animal en lui enfonçant des instruments métalliques dans le dos sans parler des nombreux sévices dont les animaux sont victimes en dehors de l’arène(coups de pieds, de bâton, de sac de sable, pour diminuer leur résistance, sciage des cornes pour les rendre douloureuse et donc moins efficaces, sans oublier le marquage des veaux au fer rouge).

     

    Quand aux fourrures, la beauté de certaines d’entre elles ne doit pas faire oublier les graves problèmes posés par leur production. L’abattage et le dépeçage des bébés phoques sur la banquise canadienne. Certes fait beaucoup couler d’encre et attire l’attention du grand public sur la production de fourrure, et quelques-uns de ses aspects choquants, mais il n’est qu’un des éléments d’un problème beaucoup plus vaste.

    Le grand public ignore en général les conditions parfois atroces dans lesquels sont capturés, élevés ou abattus beaucoup d’animaux à fourrure. En ce qui concerne la capture, elle souffre des mêmes objections morales que la chasse d’agrément et l’utilisation de pièges douloureux qui peuvent blesser l’animal et le laisser agoniser de nombreuses heures ne fait qu’ajouter aux problèmes. Il faut mentionner également un risque écologique, puisque la recherche de certaines fourrures rares peut contribuer à la raréfaction de certaines espèces. En ce qui concerne l’élevage, il existe des batteries d’élevage d’animaux à fourrure, et des techniques de mise à mort parfois très cruelles pour les animaux.

    Ainsi l’alibi esthétique est utilisé pour couvrir tous ces actes, alors même qu’existent comme l’a rappelé le Comité Européen pour la Protection des Phoques et Autres animaux à Fourrure, d’innombrable matières chaudes et seyantes pour la confection des vêtements y compris de très belles fourrures synthétiques


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